Benjamin Rosoux, de retour à Tarnac
Francetv
Le Canard Enchaîné, dans son édition de mercredi 20 janvier, a révélé que les policiers de la Sdat avaient filmé à partir du 15 août 2008 la cour intérieure et la porte d'entrée d'un immeuble dans lequel vivait Julien Coupat.
Vidéo
La cour de cassation a effectivement estimé que les "parties communes" d'une copropriété
constituent un "lieu privé", où la captation d'images ne peut être autorisée que par un juge d'instruction ou un juge des libertés et de la détention (JLD), mais l'arrêt, qui date de mai 2009, est postérieur à la surveillance de l'immeuble de Coupat. Les avocats comptent toutefois s'appuyer sur cet élément pour demander l'annulation complète de la procédure, une requête qui n'avait pas encore été formellement déposée jeudi, selon une source judiciaire.
11 décembre 2009:
La Cour d'appel de Paris a allégé le contrôle judiciaire imposé aux personnes mises en examen dans l'enquête sur des sabotages de lignes TGV fin 2008, en maintenant uniquement l'interdiction de communiquer entre elles Dix personnes sont mises en examen dans l'enquête sur le sabotage des lignes TGV et ont été placées sous contrôle judiciaire. Le juge Fragnoli avait maintenu début novembre toutes les dispositions de celui-ci et les intéressés ont tous fait appel. Il y a quelques jours, dans une tribune publiée par "Le Monde" daté de vendredi 4 décembre, les dix mis en examen dont Julien Coupat disaient leur refus de continuer à obéir à la justice. Ils affirmaient qu'ils ne pointeraient plus à l'avenir et qu'ils comptaient bien se retrouver. Les juges devaient se prononcer le 18 décembre sur la demande exprimée par leurs avocats, en présence des intéressés.
Le témoin sous X en colère
Jean-Hugues Bourgeois
mercredi 9 décembre 2009:
Le témoignage sous X, le 14 novembre 2008, de Jean-Hugues Bourgeois avait été considéré comme un élément à charge parce qu'il prêtait notamment à Julien Coupat, présenté comme le leader du groupe soupçonné d'avoir saboté les lignes ferroviaires,de faire "peu de cas de la vie humaine". Il déclare encore: "Je ne veux plus jouer le moindre rôle dans l'affaire dite de Tarnac et je tiens à ce que mon identité figure au dossier afin que mon anonymat ne puisse plus faire l'objet d'un quelconque chantage".
26 novembre 2009:
Le juge d'instruction du pôle anti-terroriste, Thierry Fragnoli, s'est rendu en Loire-Atlantique pour entendre comme témoin Jean-Hugues Bourgeois, l'agriculteur bio qui avait témoigné sous X dans l'affaire du sabotages des voies de TGV. Son identité venait d'être révélée dans "Libération". Cet éleveur de chèvres, qui semble avoir été en contact avec le groupe de Tarnac, habitait à l'époque des faits en Auvergne. Il avait été entendu le 14 novembre 2008 sous le statut de témoin sous X puis le 16 décembre sous son nom. Les deux dépositions étaient différentes: l'une à charge et l'autre ne l'était pas. Les avocats réclamaient une nouvelle audition, mais en leur présence.
mercredi 25 novembre 2009:
Protestation solennelle à l'Assemblée nationale. Des personnalités politiques ont pris part à cette conférence de presse. Parmi eux, François Hollande, président du conseil général de la Corrèze, qui a décidé à son tour de s'exprimer publiquement. L'ancien premier secrétaire du parti socialiste demande que soit clôturé ce dosssier le plus vite possible, qualifiant cette affaire de "fâcheuse opération de communication et qui n'a débouché sur rien". Les défenseurs des membres du groupe de Tarnac ont cité le cas de Jean-Hugues Bourgeois qui avait témoigné à charge le 14 novembre 2008, trois jours après les interpellations, mais en tant que témoin sous X. Selon le quotidien "Libération", ce témoin a à nouveau déposé, cette fois sous sa réelle identité un mois plus tard. Son témoignage allait alors radicalement à l'encontre de la première déposition. "Nous disposons d'une convergence d'indices qui laisseraient penser à une manipulation d'une extrême gravité selon laquelle il n'a pas été entendu le 14 novembre mais le 13", a déclaré Maitre William Bourdon. Le témoin sous X est bien connu en Auvergne. Jean-Hugues Bourgeois est un éleveur de chèvres qui avait reçu des menaces durant l’année 2008 alors qu’il était installé comme exploitant agricole à Teilhet (Puy-de-Dôme). Ses chèvres avaient été abattues, des lettres anonymes lui avaient été envoyées. Jusqu'à ce qu'on découvre "le pot aux roses": l’été dernier, une analyse de son écriture l'avait confondu. En tous cas, il aurait écrit lui-même une lettre de menace.
Le dixième interpellé remis en liberté
27 novembre 2009:
Christophe Becker, interpellé le 24 novembre à Tarnac par la sous-direction antiterroriste sur commission délivrée par le juge Fragnoli, est finalement remis en liberté. Mais il est mis en examen pour association de malfaiteurs à visée terroriste et placé comme ses neuf camarades ( dont sa compagne Marion) sous contrôle judiciaire.
L'interpellation d'un nouveau suspect
mardi 24 novembre 2009:
L'interpellation a eu lieu place de l'Eglise à Tarnac, à 6h30 du matin, au domicile d'un suspect considéré par les enquêteurs comme un "proche" du groupe auquel appartenait Julien Coupat. Selon un témoin, les enquêteurs auraient enfoncé la porte. Christophe, âgé d'une trentaine d'années, a été interpellé. Il est père de deux enfants de 3 et 5 ans. Sa compagne, Manon, faisait partie des 9 mis en examen. Une perquisition de son domicile a été effectuée. On le soupçonnerait d'avoir falsifié des documents d'identité. Vingt personnes avaient été arrêtées le 11 novembre 2008. Toutes sont aujourd'hui libérées. Et tous ceux qui ont été placés sous contrôle judiciaire dans l'attente de leur jugement se disent victimes d'un procédure menée par le gouvernement parce qu'ils incarneraient une menace terroriste d'ultra gauche.
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