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Introduction :
La terre se fait appeler la Planète Bleue. On pourrait croire que notre planète possède davantage d’eau que de terres, mais il n’en est rien puisque cette eau est salée. Sur le potentiel d’eau salée, seule 2,5 % d’eau son potables dont 2 % proviennent des glaciers. 0,5 % vient des lacs ou des rivières. La problématique est bien réelle à l’échelle de la planète !
Les toilettes sèches représentent 80 % des toilettes dans le monde, seuls les pays riches comme la France peut se payer le luxe de toilettes avec chasse d’eau et toute l’infrastructure qui va avec (stations d’épuration en autres…)
La cuve des toilettes est le deuxième consommateur d’eau de la maison, après les bains et douches : de 30 à 40 litres par personne, d’eau parfaitement potable, dont les paramètres sont les plus contrôlés de l’industrie alimentaire.
La chasse d’eau (30 % de la quantité d’eau par foyer) symbolise à elle seule les imperfections de la gestion de l’eau dans notre société.
But de cette chronique :
Prendre au sérieux un produit comme les toilettes sèches car l’eau est aujourd’hui plus que jamais un réel souci.
Le but est de nous faire découvrir ou redécouvrir le principe des toilettes sèches.
Ce procédé, comme son nom l’indique, n’utilise pas d’eau.
C’est une approche qui demande à repenser notre attitude face à nos déchets.
Les toilettes sèches sont également une réponse concrète à ceux d’entres vous qui pratiquent déjà le compostage.
Comment ça marche ?
La première solution
Le principe des toilettes sèches est basique : un siège et un « seau » disposé au-dessous, qui recueille les matières fécales et l’urine. Il s’agit du modèle TLB (Toilette à Litière Bio-maîtrisée).
Après chaque utilisation, au lieu de tirer la chasse d’eau, l’habitude doit changer.
L’occupant des lieux doit déverser sur ses excréments une couche de « litière », composée de : broyat végétal, cartons déchiquetés, copeaux de bois, feuilles, herbe sèche, …. tout ce qui contient du carbone est utilisable. Les copeaux de bois et la sciure sont l’idéal : les premiers aèrent les déchets et la seconde soigne « l’esthétique ». Cette matière première est disponible chez les professionnels du bois à très bon marché. Ces matériaux vont absorber le solide et le liquide en bloquant les odeurs. En cas de doute, il ne faut pas hésiter à être généreux en sciure !
Cette méthode est 100 % autonome et portable.
La deuxième solution
La deuxième solution concerne des toilettes sèches adaptées au milieu urbain.
Dans ce cas, la cuvette est reliée directement à l’unité de compostage, via un tuyau. Dans ce cas, vous n’êtes pas obligé d’ajouter à chaque «passage» de la sciure (ou autre matériau). Le bas de l’unité de compostage contient un tiroir qui facilite le transport des déchets jusqu’au lieu de compostage. Ce type d’utilisation nécessite un sous-sol. Un système de ventilation intégré accélère le séchage du compostage et stoppe les odeurs. Ce type d’installation nécessite une énergie électrique, elle n’est pas autonome.Cette solution peut être installée à l’intérieur de la maison, de préférence au rez-de-chaussée pour un équipement plus simple.
Les pays du nord sont en avance. En Suède, la commune de Tanum (12000 habitants) a interdit depuis Janvier 2002 l’installation de toilettes classiques dans la commune pour les nouvelles constructions et les rénovations. Depuis 3 ans, des centaines de maisons sont équipées de ces nouveaux WC respectueux de l’environnement, ainsi que la bibliothèque municipale et le lycée local. D’autres villes de Suède sont actuellement en train d’étudier une règlementation similaire.
A noter que le premier congrès sur les toilettes sèches s’est tenu en 2003 à Stockholm, capitale suédoise.
En bref, le procédé des toilettes sèches est donc ni plus ni moins que la reprise du principe de la litière pour chat adapté aux humains. Lorsque le seau est plein, il suffit de le verser sur le tas de compost.
L’odeur :
L’odeur est masquée par les copeaux de bois à condition que la matière première utilisée (copeaux ou sciure) soit bien sèche.
Le récipient de la cuve des toilettes sèches doit être en inox. Si la cuve était en plastique, elle ne serait pas écologique, mais inconvénient majeur, sous l’effet de la chaleur (due à la fermentation), le plastique s’imprègne de l’odeur de l’urine.
Le compostage :
Il possède les 3 matières essentielles : le phosphore (avec les matières fécales), l’azote (avec l’urine) et le carbone avec la sciure et le papier toilette.
La décomposition totale est effective au bout de 2 ans, elle est généralement plus longue que la décomposition des déchets organiques de cuisine (au pire 1 an).
Le compostage issu des toilettes sèches peut-être mélangé au compostage issu de la cuisine pour une accélération de processus.
L’utilisation du compostage :
Certains possesseurs de toilettes sèches hésitent encore à vider leur compost dans leur potager. Je vous laisse deviner pour quelle raison ! Ils préfèrent le verser au pied des arbres et des végétaux dans le jardin d’agrément.
Les rares qui osent s’en servir pour le potager ne le crient pas sur tous les toits.
En revanche, d’après leurs témoignages, leurs légumes sont magnifiques et ils sont rarement malades !
Le seul fabricant de toilettes à modèle TLB (Toilette à Litière Bio-maîtrisée) en France.
Il s’appelle Philipe Redois, il est installé à Bourges. Son ambition est d’orienter le public vers l’écologie en s’intéressant au quotidien, car dit-il : « il faut vivre avec son temps ».
Il vous propose sur son site Internet (Voir "Liens internet") toute une gamme de toilettes sèches, déclinée dans plusieurs couleurs. Prochainement, il devrait proposer une nouvelle gamme élaborée avec des designers.
Chaque modèle de toilettes sèches est étudié pour l’autonomie d’une personne pendant une semaine (400 € TTC garantie à vie).
Les toilettes sèches : un tabou !
Excepté dans les pays du nord, les propriétaires de toilettes sèches n’osent pas communiquer sur leur installation. L’outil Internet, dans ce cas, s’avère sensationnel. Il a permis une enquête via des associations, pour recenser les propriétaires de toilettes sèches en France. Le site a enregistré 685 réponses au 28 mars 2007.
Dans le cas d’un traitement médical :
Dans le cadre d’un traitement médical, le processus du compostage s’avère beaucoup plus performant pour détruire les molécules chimiques présentes dans vos selles ou urines, que le processus actuel utilisé dans les stations d’épuration.
Dans le cas d’une utilisation pour le potager, faites faire des analyses pour les premiers compostages car ceux-ci doivent être bien gérés en amont.
Traitement des eaux :
Notre urine est stérile, et s’avère être un bon engrais. Dans le système actuel avec chasse d’eau, les excréments mélangés à l’eau sont une grande source de pollution. La boue extraite de nos déchets est un réel problème écologique, voire économique !
Conclusion :
En cas de visite, n’oubliez pas d’afficher le mode d’emploi dans vos toilettes !
Plus sérieusement, les toilettes sèches présentent les avantages suivants :
- Moins de gaspillage d’eau potable (14 m3 d’eau/ personne / an)
- Moins de pollution en amont donc moins d’eau à épurer
- Enrichissement de la terre par la restitution d’un humus riche issu du compostage
- Prise en charge de ses déchets. L’utilisation de toilettes sèches s’inscrit dans une démarche de tri sélectif.
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